Jimmy, ton titre olympique est peut-être au-dessus de ton VO₂max

Lettre ouverte à Jimmy Gressier, champion du monde du 10 000 m

Pr Véronique Billat — ASEP, Association pour la Science de l’Entraînement Personnalisé

Cher Jimmy,

Tu es champion du monde du 10 000 m. Je préfère commencer par là, parce que cette lettre n’est ni un procès, ni une leçon donnée depuis le bord de la piste. Je ne connais pas ton entraînement au jour le jour, je ne connais pas toutes les décisions prises avec ton entraîneur, et je sais trop bien ce qu’exige le très haut niveau pour prétendre expliquer une course en quelques lignes.

Mais je regarde tes courses avec mes yeux de physiologiste, après plus de quarante ans passés à essayer de comprendre ce que devient l’être humain lorsqu’il s’approche de ses limites. Et Birmingham m’a laissée avec une question simple : est-ce que ton plus grand point fort est vraiment celui que l’on mesure le plus souvent chez un coureur de fond ?

À Tokyo, tu as gagné le titre mondial du 10 000 m. Tu as prouvé que tu pouvais battre les meilleurs dans une course de championnat. À Birmingham, tu n’as pas gagné le 5000 m, puis tu as pris le bronze du 10 000 m. Ce qui m’intéresse ici n’est pas de refaire la course après coup. C’est un détail, presque un éclat : après près de dix kilomètres, tu termines encore les 200 derniers mètres en 25,6 secondes.

Jimmy, ce 25,6 s me parle davantage que ton chrono final. Parce qu’il dit quelque chose de ton énergie disponible au moment où la course est déjà presque terminée.

Ce que raconte ton dernier 200 m

Deux cents mètres en 25,6 s, c’est environ 28,1 km/h. À cette vitesse, même avec un VO₂max exceptionnel, ton métabolisme oxydatif ne peut pas couvrir seul toute la demande énergétique. Une partie de la puissance vient nécessairement d’au-delà du plafond oxydatif : phosphocréatine, glycolyse, réserves d’oxygène, tolérance transitoire à un déséquilibre entre ce que tu demandes et ce que ton VO₂ peut fournir.

Puissance totale = puissance oxydative + puissance supra-oxydative

Ce n’est pas une subtilité de laboratoire. C’est peut-être le cœur de ton profil. Ton VO₂max est un plafond du débit oxydatif ; ce n’est pas ton plafond de puissance totale. Lorsque ton VO₂ est déjà maximal, tu peux encore accélérer. Toi, tu peux encore le faire au 9800e mètre.

Je ne dis pas que tu aurais dû suivre Almgren coûte que coûte, ni qu’un autre pacing t’aurait automatiquement donné l’or. À Birmingham, il a été très fort, et l’écart final est trop important pour raconter une histoire simpliste. Je dis autre chose : ton finish montre qu’il restait encore, très tard, une capacité importante à produire au-dessus de ton débit oxydatif maximal. Cela mérite d’être mesuré, entraîné et surtout placé au bon moment dans la course.

Tu n’es pas une zone

Depuis des décennies, nous avons appris à décrire les coureurs avec des repères utiles : VO₂max, VMA, vVO₂max, seuil ventilatoire, seuil lactique, 2 mmol, 4 mmol, zones 1, 2 ou 3. Je les ai moi-même utilisés, discutés, critiqués et parfois contribué à les faire évoluer.

Mais Jimmy, une zone est une manière de classer une intensité ; ce n’est pas un état physiologique complet. Ton organisme ne connaît pas la frontière dessinée sur une feuille entre 89 et 90 % de VMA. Il ne sait pas davantage qu’un physiologiste a décidé qu’une concentration de 4 mmol de lactate devait représenter une frontière universelle.

Le lactate est précieux parce qu’il nous renseigne. Mais il n’est ni un mur, ni un feu rouge. Il est produit, transporté, recyclé, oxydé. Il participe à la circulation de l’énergie entre les tissus. Les concentrations correspondant à un état stable maximal peuvent varier considérablement d’un athlète à l’autre. C’est précisément pourquoi le nombre seul ne peut pas devenir la physiologie.

À ton niveau, la question qui m’intéresse n’est plus seulement : « dans quelle zone es-tu ? » Elle devient : « dans l’état où tu te trouves maintenant, que peux-tu encore faire ? » Et surtout : « quels états restent encore accessibles ? »

Sur 800 et 1500 m, nous avions déjà vu cette logique

Il y a plus de quinze ans, avec Laurent Hamard, Jean-Pierre Koralsztein et Hugh Morton, nous avions essayé de décrire séparément les composantes aérobie et anaérobie pendant des 800 et 1500 m. Ce qui nous intéressait n’était pas seulement la part « aérobie » ou « anaérobie » de la course. Nous voulions savoir ce qu’il restait encore au coureur à chaque instant.

P_AN(t) = P_totale(t) − P_aérobie(t)

ANS(t) = ANS_initial − AOD(t)

Puis nous avions posé une question très concrète : si le coureur continue à dépenser sa réserve anaérobie à la puissance instantanée du moment, combien de temps peut-il encore tenir ?

t_lim,PAN(t) = ANS(t) / P_AN(t)

Pendant une grande partie du 800 et du 1500 m, les variations spontanées d’allure semblaient participer à cette gestion de la réserve. Le coureur accélère, dépense davantage, relâche légèrement, retrouve une marge, puis repart. Autrement dit, la vitesse n’était pas simplement une cible à maintenir ; elle devenait un moyen de naviguer dans une réserve qui change en permanence.

C’est cette idée que ton 10 000 m me remet en tête. Tu ne cours pas seulement avec une vitesse et un VO₂. Tu cours avec ce que tu possèdes encore, et avec ce que tu peux encore redevenir après une variation d’allure.

Du 100 m au marathon, VO₂max n’est pas une frontière entre deux mondes

Plus tard, avec Claire Molinari et Johnathan Edwards, nous avons mesuré les échanges gazeux directement sur le terrain, du 100 m au marathon. Nous voulions sortir du schéma trop confortable « sprint = anaérobie, fond = aérobie ». La réalité est plus riche : les filières fonctionnent ensemble, leurs contributions changent, leurs cinétiques changent, mais elles ne s’allument pas et ne s’éteignent pas comme des interrupteurs.

Nous avons montré que VO₂max pouvait être atteint dans des épreuves très différentes, et que le temps réellement passé à VO₂max devenait lui-même une variable de performance. Sur 3000 m, dans notre groupe, cette durée relative pouvait dépasser la moitié de la course ; sur 10 km, elle restait déjà importante.

Pour toi, Jimmy, cette distinction est essentielle : atteindre VO₂max ne signifie pas que tu as atteint ta puissance maximale totale. Tu peux être au plafond de l’oxydatif et continuer à produire davantage grâce aux composantes supra-oxydatives. Ton dernier 200 m le rappelle de façon spectaculaire.

Ton passé de footballeur n’est peut-être pas un détail

Je pense souvent à ton parcours avant l’athlétisme. Tu as été footballeur, et je crois que cette histoire mérite d’être considérée comme une partie de ta physiologie, pas comme une anecdote biographique.

Avant de devenir spécialiste du 5000 et du 10 000 m, tu as appris à accélérer, freiner, repartir, changer de direction, décider sous fatigue, récupérer sans t’arrêter et produire plusieurs actions explosives dans un même effort. Tu as été formé à la variabilité avant d’être formé à la régularité.

C’est peut-être pour cela que je te vois moins comme un coureur de fond doté d’un bon sprint que comme un athlète complet devenu exceptionnel sur le fond. La nuance compte, parce qu’on ne doit pas entraîner les deux profils exactement de la même façon.

Ton danger, s’il existe, serait peut-être de devenir trop parfaitement conforme au modèle du coureur de fond : beaucoup de volume, beaucoup de contrôle, beaucoup de zones, beaucoup de seuil, et progressivement moins de place pour cette capacité rare à changer brutalement de régime énergétique.

Je ne sais pas si c’est ce qui se passe dans ton entraînement. Si tu travailles déjà largement ces dimensions, tant mieux. Mais si ton programme reste principalement lu à travers des zones, des allures et des concentrations fixes de lactate, alors je pense qu’il manque une question : qu’entraînes-tu réellement au-dessus de VO₂max ?

Ton MAOD : une mesure que j’aimerais vraiment connaître

Il existe une mesure ancienne que je trouve ici particulièrement intéressante : le Maximal Accumulated Oxygen Deficit, le MAOD. Son principe est simple : on estime la demande énergétique d’un exercice supramaximal, on mesure le VO₂ réellement consommé, puis on regarde la différence accumulée.

Chez des coureurs entraînés, les valeurs rapportées sont très dispersées. Cette dispersion est plus intéressante que la moyenne : deux athlètes ayant un VO₂max voisin peuvent disposer de réserves supra-oxydatives très différentes.

Je ne peux évidemment pas déduire ton MAOD d’un chrono. Mon ordre de grandeur de travail — autour de 45 à 60 ml O₂ équivalent par kilogramme, avec quelque chose vers 50–55 comme hypothèse centrale — n’est qu’une hypothèse. Elle doit être testée.

Et je ne veux surtout pas transformer le MAOD en batterie simpliste. Pendant un 10 000 m, tu as déjà utilisé puis partiellement reconstitué certaines réserves ; la phosphocréatine, le lactate, le recrutement musculaire, le coût de course et la perception évoluent sans cesse. Ton dernier 200 m ne signifie donc pas qu’il te restait « tout ton MAOD ». Il signifie simplement qu’une puissance supra-oxydative importante était encore accessible très tard.

C’est assez pour poser la bonne question : fallait-il attendre 200 m de l’arrivée pour commencer à l’exploiter pleinement ?

Ce que je voudrais déplacer, ce n’est pas ton sprint : c’est le moment où tu commences à dépenser

Je ne te propose pas un sprint de mille mètres. Je te propose une idée de gestion. Dans une finale serrée, tu pourrais peut-être commencer à accepter un léger déséquilibre énergétique plus tôt, puis l’augmenter progressivement.

À 1200 m, ouvrir un peu le déficit. À 800 m, accepter une contribution supra-oxydative plus importante. À 600 m, continuer à investir. À 400 m, réduire franchement la réserve. À 200 m, utiliser ce qui reste.

Réserve exploitable → 0 quand distance restante → 0

Pas avant, sinon tu exploses. Mais pas après non plus, parce qu’une réserve encore disponible une fois la ligne franchie ne peut plus servir à gagner.

Ton 25,6 s final ne prouve pas que cette stratégie aurait changé Birmingham. Il me dit simplement qu’il y a quelque chose à tester pour la prochaine finale où l’écart se jouera sur une seconde, pas sur quarante.

Et surtout, ne fais pas de la fatigue un objectif

Jimmy, c’est probablement le point sur lequel j’ai le plus envie d’insister. À ton niveau, faire une séance fatigué simplement pour pouvoir dire que l’on a travaillé dans la fatigue ne m’intéresse pas. La fatigue est un coût de l’entraînement ; elle n’est pas une adaptation en soi.

Bien sûr que tu dois parfois apprendre à courir fatigué. Tu dois savoir tenir une technique, une vitesse et une décision lorsque les réserves diminuent. Mais lorsque l’objectif du jour est de stimuler une puissance maximale, je veux que tu puisses réellement produire cette puissance.

Si la séance vise VO₂max, je veux du VO₂max. Si elle vise le temps limite à VO₂max, je veux accumuler du temps réellement passé à VO₂max. Si elle vise la puissance supra-oxydative ou le MAOD, je veux que tu sois assez frais pour exprimer cette puissance et mobiliser cette réserve.

Stimulus maximal ≠ fatigue maximale

C’est une distinction simple, mais fondamentale. On peut faire huit répétitions parce que la séance en prévoit huit ; on peut aussi constater qu’après quatre répétitions la puissance recherchée s’effondre. Dans ce cas, continuer entraîne autre chose que la qualité initialement visée.

Pour certaines séances, je préfère quatre répétitions exceptionnelles à huit répétitions moyennes. Non pas parce que je veux te faire travailler moins, mais parce que je veux savoir précisément ce que chaque séance cherche à développer.

Je ne veux pas collectionner des kilomètres pour le carnet. Je veux collectionner des secondes physiologiquement utiles : secondes à VO₂max, secondes au-dessus, secondes où la réserve se vide, secondes où elle se reconstruit, secondes où tu peux repartir.

VO₂max, temps limite et MAOD : trois qualités différentes

À mes yeux, ton profil de championnat devrait être lu au minimum avec trois questions séparées. D’abord : quel est ton VO₂max ? Ensuite : combien de temps peux-tu réellement rester à ce débit — ton temps limite à VO₂max ? Enfin : quelle quantité d’énergie supplémentaire peux-tu produire au-dessus de ce plafond, et à quelle puissance — ton MAOD et sa dynamique ?

VO₂max + t_lim@VO₂max + puissance supra-oxydative + MAOD + récupération

Deux athlètes ayant le même VO₂max peuvent avoir des temps limites différents. Deux athlètes ayant le même temps limite peuvent avoir des réserves supra-oxydatives différentes. Et deux athlètes disposant d’une réserve semblable peuvent différer par la vitesse à laquelle ils la récupèrent après une baisse temporaire d’allure.

C’est cette dernière dimension que j’aimerais particulièrement mesurer chez toi : après une attaque, combien récupères-tu en vingt secondes, quarante secondes, une minute ? Combien de puissance peux-tu de nouveau produire ? À quel coût ventilatoire ? Avec quelle sensation ?

Si tu venais au laboratoire qui est aussi la piste d’athétisme qui te connvient, je ne te ferais pas seulement un test de VO₂max avec tous nos appareils portables.

Je mesurerais d’abord ton coût de course individuel à plusieurs vitesses. Puis ton VO₂max réel, bien sûr. Ensuite ton temps limite à VO₂max, ton MAOD, ta vitesse critique et la réserve disponible au-dessus de cette vitesse.

Mais surtout, je construirais des séquences qui ressemblent à une course de championnat : accélération, relâchement contrôlé, réaccélération, nouvelle attaque, finish. Je voudrais voir comment ta réserve descend, remonte partiellement, puis redescend. Je voudrais mettre des chiffres sur ce que tu sembles savoir faire instinctivement.

Et j’utiliserais tes sensations, pas seulement les appareils. Ton passé de footballeur me paraît justement précieux : tu as appris à répondre à une situation, pas à obéir à une montre. Une finale olympique ne te demandera jamais de rester dans une zone. Elle te demandera de répondre à un homme.

Alors oui, Jimmy : pourquoi pas champion olympique ?

Tu es déjà champion du monde. Parler de titre olympique n’est donc ni une flatterie ni une fantaisie. C’est une possibilité sportive cohérente avec ce que tu as déjà accompli.

Mais justement parce que tu es déjà au sommet, je ne chercherais pas seulement à améliorer encore ce que l’on mesure habituellement chez les coureurs de fond. Je chercherais ce qui, chez toi, est rare et encore insuffisamment quantifié.

Ton VO₂max est déjà immense. Ton économie est excellente. Ton expérience tactique grandit. Ta capacité à finir très vite est évidente. La prochaine marge est peut-être dans l’articulation entre ces qualités : combien de temps tu peux rester à VO₂max, combien tu peux produire au-dessus, comment tu récupères cette réserve et à quel moment tu décides de l’utiliser.

À Los Angeles, je ne voudrais pas seulement que tu arrives avec un moteur plus puissant. Je voudrais que tu arrives avec une connaissance presque intime de ton propre système : ce qu’il te reste à 1200 m, ce que tu peux investir à 800, ce que tu peux encore reconstruire à 600, ce que tu dois garder à 400 et ce qu’il ne faut plus avoir dans la poche après la ligne.

Ton titre olympique est peut-être au-dessus de ton VO₂max

Jimmy, je ne crois pas que ton avenir consiste à devenir un coureur plus standardisé. Je crois plutôt qu’il faut protéger ce qui te rend singulier.

Garde le coureur de fond. Mais garde aussi le footballeur. Garde l’endurance, mais garde la capacité de changer de régime. Travaille le VO₂max, mais travaille aussi le temps limite à VO₂max. Mesure ton MAOD. Stimule-le lorsque tu es assez frais pour réellement le stimuler. Apprends à dépenser ta réserve, à la reconstruire partiellement, puis à la redépenser.

Pendant longtemps, nous avons demandé aux coureurs : « dans quelle zone es-tu ? » Aujourd’hui, j’ai envie de te poser une autre question :

« Jimmy, dans l’état où tu es maintenant, qu’es-tu encore capable de faire ? »

Parce que la performance n’est pas un seuil. Ce n’est pas une zone. Ce n’est même pas une valeur de VO₂max. C’est une trajectoire entre des états physiologiques successifs, avec des possibilités qui s’ouvrent et se ferment.

Ton dernier 200 m de Birmingham me dit seulement ceci : à ce moment-là, il te restait encore quelque chose de très puissant.

Il faut maintenant savoir exactement quoi. Le mesurer. Le développer. Le préserver. Et apprendre à l’utiliser assez tôt pour qu’il serve à gagner.

Tu es déjà champion du monde, Jimmy. Alors oui : pourquoi pas champion olympique ?

Ton prochain titre est peut-être dans tout ce que tu peux encore produire lorsque ton VO₂ est déjà maximal.

Pr Véronique Billat

ASEP — Association pour la Science de l’Entraînement Personnalisé

Références

Billat VL, Hamard L, Koralsztein JP, Morton RH. Differential modeling of anaerobic and aerobic metabolism in the 800-m and 1,500-m run. Journal of Applied Physiology. 2009;107(2):478–487. doi:10.1152/japplphysiol.91296.2008.

Molinari CA, Edwards J, Billat V. Maximal Time Spent at VO₂max from Sprint to the Marathon. International Journal of Environmental Research and Public Health. 2020;17(24):9250. doi:10.3390/ijerph17249250.

Bangsbo J, Michalsik L, Petersen A. Accumulated O₂ deficit during intense exercise and muscle characteristics of elite athletes. International Journal of Sports Medicine. 1993;14:207–213.

Medbø JI, Mohn AC, Tabata I, Bahr R, Vaage O, Sejersted OM. Anaerobic capacity determined by maximal accumulated O₂ deficit. Journal of Applied Physiology. 1988;64:50–60.

Note : les valeurs de MAOD évoquées pour Jimmy Gressier sont des hypothèses physiologiques et non des mesures individuelles. L’objet de cette lettre est précisément de proposer de mesurer cette capacité et sa dynamique avant d’en tirer des conclusions d’entraînement.

Une réponse à « Jimmy, ton titre olympique est peut-être au-dessus de ton VO₂max »

  1. Avatar de STEERS François
    STEERS François

    J espère qu il lira ces lignes. Il m a fait penser à Steeve Prefontaine sur le coup.

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