Marathon de PARIS 2026 première mondiale!
Pr Véronique Billat · EA 4445 · Université Évry Paris-Saclay · Billatraining SAS
Marathon de Paris — 12 avril 2026
La photo circule. Un homme assis, tête baissée, un casque rouge couvert de capteurs en tous sens, une seringue s’approchant de son crâne sous les lumières de la nuit parisienne.
Les commentaires ne se font pas attendre : « Ils lui ont mis une puce ! » · « C’est du dopage neuronal. » · « Neuralink ? » · « La chaussure durcit sa semelle en carbone en temps réel grâce à l’IA. » · « Il respire de l’hyperoxygène. » · « La puce calcule la probabilité de surchauffe et reprogramme les muscles. »
Permettez-nous de répondre avec tout le sérieux que ce débat mérite.
Ce que nous n’avons PAS fait
La puce neuronale type Neuralink. Non. Neuralink est un implant intracrânien qui nécessite une neurochirurgie, un bloc opératoire stérile, et l’approbation de la FDA. Nous sommes une équipe de recherche en physiologie de l’exercice à Évry. Nous avons un budget doctoral. Nous avons fait avec.
L’hyperoxygénation. Non. Segan respirait l’air de Paris ce dimanche matin, avec tous ses particules fines et ses effluves de café froid. Exactement comme les 55 000 autres coureurs.
Le contrôleur de température interne reprogrammant la puce en temps réel. Nous avons mesuré la température cutanée avec une sonde externe. Elle ne reprogramme rien. Elle génère des données — que nous allons analyser pendant les prochaines semaines.
La semelle de carbone intelligente qui durcit à la demande. Segan portait ses chaussures habituelles. Si sa semelle a durci, c’est de son propre chef, et nous n’en savons rien.
Le flux énergétique en glucide piloté par IA. Il a pris des gels. Comme tout le monde. Avec sa bouche.
Ce que nous avons VRAIMENT fait
Nous avons mesuré. C’est tout. Mais mesuré comme jamais.
Première mondiale — monitoring simultané et synchronisé sur cinq domaines physiologiques : cerveau (EEG 16 canaux), métabolisme (VO₂, VCO₂, ventilation), cardiovasculaire (FC, dérive), mécanique (vitesse, cadence, variabilité de foulée), thermique — sur un être humain en compétition, sur 42,195 km, en conditions écologiques réelles.
La seringue sur la photo ? Du gel conducteur — le même que dans n’importe quel laboratoire de neurophysiologie depuis 1950 — pour améliorer le contact électrique entre les électrodes et le cuir chevelu de Segan. Sans ce gel, le signal EEG ressemble à une réception FM en sous-sol. Avec ce gel, on capte les neurones. Voilà. Le mystère est éventé.
Le résultat — et le comble
Segan a couru son marathon en moins de 2h40, bardé de capteurs, sous la pluie, avec l’équivalent d’un studio d’enregistrement mobile fixé sur lui.
Parenthèse dramatique : à mi-course, une batterie a rendu l’âme. L’équipe a dû s’arrêter pour la changer. Résultat : Segan a hit the wall au semi-marathon. Le comble absolu pour une expérience dont l’objectif principal est précisément de prédire et d’éviter le mur. La science est parfois ironique. Nous l’acceptons. Nous l’analyserons.
Pendant ce temps, nos deux coureurs novices — 37 et 44 ans, premier marathon, préparation atypique, aucune des sorties longues sacrosaintes de 30 km — claquaient 3h14 et 3h22 sans se taper le moindre mur. Juste celui du trac au départ, en se demandant si peut-être ils n’avaient pas fait assez de kilomètres.
Il aurait fallu un couvent et deux semaines de silence pour les convaincre que non. Mais le corps a repris le dessus. Comme toujours.
Le vrai dopage : les dogmes
Puisqu’on parle de puce reprogrammante, parlons de ce qui reprogramme vraiment les coureurs — en moins bien :
- ~~ »Si tu n’as pas fait tes sorties longues de 30 km, tu ne peux pas finir un marathon. »~~
- ~~ »Il faut souffrir pour être un vrai marathonien. La sensation facile, c’est de la poésie. »~~
- ~~ »Le fractionné à la sensation, ça ne sert à rien. Il faut des chronos précis. »~~
- ~~ »Sans 80 km par semaine minimum, tu n’es pas sérieux. »~~
- ~~ »TikTok te l’a dit, 10 000 likes, c’est forcément vrai. »~~
Ces dogmes, répétés depuis cinquante ans, recyclés en chambre d’écho depuis que TikTok martèle les mêmes poncifs dans des cerveaux déjà convaincus, sont le vrai logiciel limitant. Pas un manque de kilomètres. Pas un déficit de VO₂max. Une croyance installée, répétée, intégrée — et fausse.
Ce que disent vraiment nos étudiants de L1 STAPS
« Le cerveau tout seul sait tout faire. Vous êtes là pour arrêter de vous laisser matrix-er par des dogmes. »
Nous ne pouvons pas dire mieux. Et nous sommes professeurs.
Notre rôle — celui de la recherche, des capteurs, de l’EEG, de toute cette quincaillerie portée par Segan ce dimanche matin — n’est pas de remplacer l’intelligence du cerveau humain. C’est de lui montrer, en données réelles et incontestables, qu’il est capable de bien plus que ce que les croyances lui autorisent.
« Amis coureurs, laissez le doute au chercheur — qui le transforme en hypothèse. Le corps, lui, n’a pas besoin de vos doutes. Il sait déjà. »
Les données brutes seront publiées en open access dans les prochains jours. Preprint en cours.
Contact : veronique.billat@univ-evry.fr
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